C’est la mission que j’ai relevée récemment : pratiquer pour la première fois une séance de coaching en LIVE devant 75 personnes. C’était dans le cadre de la 4e édition du COACHING SUMMIT.
C’est avec objectivité que je vous livre ci-dessous le retour d’expérience que j’en fais.

Un coaching en 45 minutes, c'est réaliste ?
Nous le savons, le coaching est avant tout un processus. Quand bien même il s’agit d’une thérapie dite brève, elle se déroule sur plusieurs séances, en général entre 5 et 6 voire 10 à 12 maximum pour les situations et objectifs les plus complexes. Alors comment envisager un coaching en une séance unique, qui plus est courte (45 min. ici Vs. 60 à 90 min. en général) ?
Ce sur quoi nous ne pouvons pas transiger ...
Premièrement, le coaching étant une discipline d’accompagnement de la personne, cette dernière doit rester notre priorité. Elle ne doit pas sentir notre empressement ou que nous cherchons à tout prix à réussir un « challenge ». Le « J’ai réussi une transformation en très peu de temps devant plusieurs dizaines de personnes » ne ferait qu’alimenter l’ego du coach plutôt que de servir la demande du coaché.
Concrètement, être « focus » sur la personne, c’est prendre le temps de s’assurer que tout est OK pour elle en début de séance, qu’elle a tout ce dont elle a besoin pour que cette expérience lui soit bénéfique.
Le coaching professionnel se caractérise par une posture, des compétences, une éthique, une déontologie et un cadre en particulier. Ce sont des éléments que nous devrions retrouver dans tout acte de coaching, quelque soit sa durée. Par exemple, les temps de silence sont toujours aussi précieux.
Dit autrement et pour il convient de poser le cadre en rappelant les fondamentaux du coaching. Ici, la coachée vivait pour la première fois une expérience du coaching. Il était donc indispensable de lui rappeler ce qu’est le coaching, dans quel cadre il s’inscrit (ex : bienveillance, en sécurité, le non-jugement, etc.). Avec un point spécifique ici : la séance n’est pas « confidentielle » puisque filmée et réalisée en présence d’un public.
C’est aussi ne pas transiger sur l’essentiel d’une séance du coaching qui doit partir d’une demande explicite et d’un objectif de séance. S’en suit le processus du coaching. Ce principe reste mais est adapté ici.
... et ce sur quoi il convient de s'adapter
Appelons processus flash si nous voulons pour coller à l’exercice. C’est la première adaptation. Cela
Dans le cas présent, j’ai terminé le processus par un temps d’ancrage plus appuyé. Plus précisément, il s’agissait de laisser la coachée prendre un temps de recul (oui, savoir prendre le temps même quand on n’en a pas !). Puis, je lui ai demandé de fermer les yeux pour laisser émerger l’image qui lui venait à la suite de notre séance. C’est aussi lui permettre d’exprimer les points saillants de cette séance intense. Enfin, c’est lui faire prendre conscience de tout le chemin parcouru en si peu de temps. Précisément, elle est arrivée avec une sensation de poids à la cheville au sein d’une prison à une perception d’elle-même telle un tournesol rayonnant au dessus des autres fleurs du champ et touchant le ciel bleu et clair.
Être vigilant sur la demande et l’objectif. Pour une première rencontre et devant un public, il serait hasardeux d’adresser un sujet trop « personnel ». Le rapport collaboratif ne peut être aussi profond qu’après plusieurs séances et dans un cadre confidentiel. L’objectif quant à lui doit être ajusté au regard du temps imparti. L’intention étant d’éviter que la coachée reparte avec une sensation de rester sur sa faim.
Pas de prescriptions pour une prochaine séance, il n’y en aura pas ! La coachée est tout de même repartie avec :
- un nouveau regard sur sa situation ;
- des pistes de réflexion nouvelles ;
- des actions concrètes à mettre en œuvre.


Ce que je retiens
Le coaching professionnel est définitivement une discipline qui ne cesse de nous étonner et de nous fasciner. Nous avons de nouveau une belle démonstration de sa puissance. Il nous montre encore une fois qu’il peur apporter à chacun, y compris dans un délai court. Cela demande tout de même une vigilance accrue et des adaptations assez consistantes.
Pour les entreprises, notamment si elles sont confrontées à un contexte économique difficile, commencer l’acculturation de son entreprise par des coachings « flash » comme ceux-ci apparaissent comme une bonne alternative pour capitaliser sur les des apports du coaching en contournant la contrainte de coût. Car alors, les individus qui bénéficient du coaching sont propices à retrouver une performance durable. Le cercle vertueux est engagé. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une invitation à réduire la durée des processus des coachings pour les entreprises qui ont mis en place un accompagnement classique pour ses collaborateurs (e.g. 4 séances minimum).
Que vous soyez praticien ou commanditaire du coaching (ou les deux), quelle réaction cela vous amène-t-il par rapport à votre conception du coaching professionnel ? Par rapport à votre propre pratique ? Je vous laisse partager en commentaire pour en débattre ensemble.